André Gau­dreault, pro­fesseur à l’Université de Mon­tréal, est tit­u­laire de la Chaire de recherche du Cana­da en études ciné­matographiques et médi­a­tiques (2015–2022) – pre­mière chaire de recherche de niveau 1 jamais accordée dans le champ des études ciné­matographiques par le Pro­gramme des chaires de recherche du Cana­da – sous l’égide de laque­lle il a fondé en 2016 le Lab­o­ra­toire CinéMédias.

La Chaire de recherche du Cana­da en études ciné­matographiques et médi­a­tiques a pour mis­sion d’interroger le rôle de l’innovation tech­nologique dans le développe­ment des formes et des pra­tiques ciné­matographiques, en s’attardant plus pré­cisé­ment aux deux extrémités du con­tin­u­um his­torique : l’avènement, au tour­nant du vingtième siè­cle, du ciné­ma pro­pre­ment dit et, un siè­cle plus tard, l’irruption du numérique dans le paysage médi­a­tique. Depuis 2018, ce man­dat s’est élar­gi en ouvrant l’interdisciplinarité des recherch­es menées au sein du Lab­o­ra­toire CinéMé­dias sur une inter­sec­to­ri­al­ité qui mise sur la col­lab­o­ra­tion de chercheurs en ciné­ma avec des chercheurs en neu­rolo­gie, en bio­mé­canique, en physique et en psy­cholo­gie pour con­duire des réflex­ions et des expéri­men­ta­tions sur le mode des sci­ences « dures ».

 

Site offi­ciel d’André Gaudreault

Axes de recherche

Épistémologie des techniques et des technologies du cinéma

Cet axe vise à étudi­er les dis­cours sur les tech­niques et tech­nolo­gies du ciné­ma tels qu’ils ont été for­mulés par les étab­lisse­ments de trans­mis­sion des savoirs cul­turels (musées, ciné­math­èques, écoles, revues, bib­lio­thèques, etc.), en ten­ant compte de leur évo­lu­tion depuis l’avènement du ciné­ma jusqu’à l’ère numérique.

Si cet axe con­tribue inévitable­ment à par­faire une his­toire tech­nologique encore frag­men­taire, le but prin­ci­pal d’un tel téle­sco­page tem­porel n’est pas de trac­er une fil­i­a­tion sim­pliste entre deux péri­odes mar­quées par l’arrivée d’une nou­velle tech­nologique majeure (le dis­posi­tif du ciné­ma pho­tochim­ique et le ciné­ma numérique). En effet, s’il est un acquis de la recherche sur le ciné­ma des pre­miers temps qu’il est néces­saire d’intégrer à notre com­préhen­sion des médias numériques, c’est bien de ne pas le con­cevoir comme un objet autonome, mais comme un objet mul­ti­ple, au croise­ment de plusieurs séries cul­turelles, tech­nolo­gies et insti­tu­tions. L’archéologie des médias ne pense pas l’histoire en ter­mes binaires ou généalogiques, mais cherche à créer de nou­velles con­ti­nu­ités, en se frot­tant à des sources sou­vent nég­ligées. Aus­si, cet axe ne s’intéresse pas à la dimen­sion stricte­ment « matérielle » de la tech­nolo­gie, mais plutôt à sa dimen­sion épisté­mologique, et cherchera dans divers­es man­i­fes­ta­tions dis­cur­sives cer­tains motifs récur­rents per­me­t­tant d’expliquer la place qu’occupe la tech­nolo­gie dans la façon de con­cevoir le ciné­ma, de l’enseigner et d’en écrire l’histoire.

Pour­tant cen­trale chez les pre­miers com­men­ta­teurs du ciné­ma, la ques­tion tech­nique s’étiole durant le proces­sus d’institutionnalisation du ciné­ma, jusqu’à céder le pas à d’autres enjeux, tels que les films, les auteurs et les courants. Con­finées aux milieux des col­lec­tion­neurs et des prati­ciens (cinéastes, mon­teurs, directeurs pho­to, enseignants, etc.), les préoc­cu­pa­tions tech­niques sem­blaient avoir déserté le dis­cours sci­en­tifique sur le ciné­ma. Il fau­dra atten­dre l’arrivée du numérique pour que la tech­nolo­gie réap­pa­raisse avec force dans les dis­cours sur le ciné­ma. Dans la foulée du numérique, en effet, voilà que les caméras, pro­jecteurs, sup­ports de dif­fu­sion, effets spé­ci­aux, et autres rede­vi­en­nent des objets dignes d’investigation. Qu’est-ce qui explique cette résur­gence? Se peut-il que la tech­nolo­gie soit la caté­gorie épisté­mologique qui incar­ne le mieux l’idée d’innovation et, qu’à cet égard, elle per­me­tte plus aisé­ment de don­ner forme aux craintes et aux aspi­ra­tions qui accom­pa­g­nent tout change­ment d’envergure? Est-ce que, pour repren­dre le mod­èle de la dou­ble nais­sance des médias, ces dis­cours sur la tech­nolo­gie jouent un rôle néces­saire dans le pas­sage de la péri­ode inté­gra­tive du nou­veau média à celle de son autonomi­sa­tion insti­tu­tion­nelle? Que con­ti­en­nent les pre­miers dis­cours qui com­mentent l’impact des tech­nolo­gies ciné­matographiques sur la for­ma­tion d’une approche dis­ci­plinaire et sur les pra­tiques d’enseignement de celle-ci? En ce sens, la Chaire s’intéresse aux dis­cours qui com­mentent l’impact des tech­nolo­gies sur les pra­tiques cul­turelles déjà établies, ain­si qu’à ceux qui anticipent leur impact futur, avec appréhen­sion ou utopisme.

Identité du cinéma à l’aune du post-média

Cet axe vise à lever le voile sur la déli­cate ques­tion de l’identité du ciné­ma, alors que la dis­tinc­tion entre les médias s’estompe de plus en plus. Est-ce que le ciné­ma con­servera une cer­taine spé­ci­ficité même s’il est de plus en plus investi par d’autres médias et pour d’autres fins que celles qu’on lui con­nais­sait à l’époque du ciné­ma clas­sique? La « dig­i­tal­i­sa­tion crois­sante du ciné­ma » est-elle le prin­ci­pal fac­teur qui explique les boule­verse­ments actuels? Ces ques­tions d’ordre théorique néces­si­tent que l’on se penche sur le rôle changeant des salles de ciné­ma et sur l’impact des nou­veaux modes de dis­tri­b­u­tion et de dif­fu­sion asso­ciés aux plate­formes numériques, afin de les con­fron­ter aux pra­tiques dites « clas­siques » du cinéma.

Cette réflex­ion se con­cen­tre sur les développe­ments les plus récents du média, prin­ci­pale­ment en ce qui a trait au « hors-film » – ces pro­jec­tions d’événements cul­turels et sportifs qui ont lieu dans les salles de ciné­ma – et au « hors-ciné­ma » – ces trans­mis­sions de films sur plate­formes numériques per­son­nelles. Ces deux caté­gories exem­pli­fient par­faite­ment la per­méa­bil­ité et la mobil­ité des con­tenus médi­a­tiques à l’ère du numérique et sont au cen­tre de la crise iden­ti­taire actuelle. Deux exem­ples pré­cis ani­me par­ti­c­ulière­ment la recherche. D’une part, les opéras filmés – comme ceux dif­fusés en direct, sur grand écran, par le MET de New York – qui se présen­tent comme une réap­pro­pri­a­tion orig­i­nale de la salle de ciné­ma tra­di­tion­nelle. L’une des pre­mières man­i­fes­ta­tions cul­turelles non filmiques à s’immiscer dans les mul­ti­plex, les opéras filmés mod­i­fient rad­i­cale­ment le « dis­posi­tif de base » de la salle de ciné­ma et la pos­ture spec­ta­to­rielle clas­sique, en plus de béné­fici­er d’une vit­rine pro­mo­tion­nelle et d’une cou­ver­ture jour­nal­is­tique sig­ni­fica­tive, ce qui en facilite l’examen atten­tif. D’autre part, la « mobilo­scopie », c’est- à‑dire le vision­nage de con­tenu audio­vi­suel sur dis­posi­tifs porta­bles de petite taille, est quant à elle au cœur de la réflex­ion entourant le « hors-ciné­ma ». Il s’agit entre autres d’étudier la con­som­ma­tion de films en rap­port à celle d’autres con­tenus offerts par les ser­vices de vidéo­trans­mis­sion (Net­flix, Hulu, etc.) et d’évaluer com­ment cela affecte notre com­préhen­sion du ciné­ma en tant que média spécifique.

Ces recherch­es pour­ront béné­fici­er d’un ensem­ble d’infrastructures (base de don­nées et Ency­clopédie raison­née des tech­niques du ciné­ma  en ligne) en cours de développe­ment dans le cadre du parte­nar­i­at inter­na­tion­al de recherche sur les tech­niques et tech­nolo­gies du ciné­ma, TECHNÈS (2015–2022). Nous assurons ain­si le main­tien de la « veille sci­en­tifique » mise en place durant la rédac­tion de La fin du ciné­ma? afin de recenser dans la presse quo­ti­di­enne et spé­cial­isée les dernières man­i­fes­ta­tions de ce ciné­ma nou­veau genre. Cette fois, en revanche, l’attention est surtout portée sur les deux sujets sus­men­tion­nés, soit les opéras filmés et la mobilo­scopie. En plus des textes ain­si repérés et indexés dans notre base de don­nées, nous recueil­lons les témoignages de divers pro­fes­sion­nels impliqués dans la dif­fu­sion de con­tenu numérique. L’objectif de ces entre­tiens est d’enrichir l’Ency­clopédie raison­née des tech­niques du ciné­ma de pro­pos émanant directe­ment de l’industrie des médias, offrant ain­si un com­plé­ment essen­tiel aux sources sec­ondaires consultées.

Montage et mutations technologiques

Cet axe est le pro­longe­ment logique de celui sur l’épistémologie et l’identité du ciné­ma, puisqu’il exam­ine un exem­ple con­cret met­tant en lumière cer­tains enjeux clés de l’histoire tech­nologique et de l’identité du ciné­ma. Le choix du mon­tage n’est pas for­tu­it : il s’agit d’un intérêt de recherche majeur dans la car­rière d’André Gau­dreault. C’est aus­si une notion cap­i­tale dans la façon de con­cevoir la spé­ci­ficité du ciné­ma. Cet axe vise à mesur­er l’impact des tech­nolo­gies sur les modes de seg­men­ta­tion, de frag­men­ta­tion et d’assemblage des films, mais aus­si, par exten­sion, à décrire la rela­tion qu’entretient la tech­nolo­gie avec l’esthétique et l’articulation nar­ra­tive des films.

À nou­veau, un rap­proche­ment entre le ciné­ma des pre­miers temps et le ciné­ma numérique sera ten­té, de manière à pos­er les fon­da­tions théoriques d’un nou­veau mod­èle de pen­sée du mon­tage qui soit ancré dans une approche pan­his­torique. La Chaire vise à éval­uer com­ment les avancées tech­nologiques ont encour­agé, d’une part, le développe­ment du mon­tage nar­ratif dans les années 1900 et, d’autre part, la con­fla­gra­tion des pra­tiques de mon­tage insti­tu­tion­nelles dans les années 2000, mais inter­roge égale­ment, et inverse­ment, la façon dont les con­tin­gences artis­tiques et indus­trielles ont encour­agé le développe­ment tech­nologique. L’innovation tech­nologique et l’innovation artis­tique relèvent en effet d’un proces­sus mutuel d’échanges et d’adaptations. C’est pourquoi nous nous pen­chons aus­si bien sur les tech­nolo­gies elles-mêmes que sur les dis­cours tech­niques, pro­fes­sion­nels, pop­u­laires qui les entourent, de manière à met­tre en relief cette dynamique particulière.

Depuis plusieurs années les travaux d’André Gau­dreault ont con­tribué à éclair­er l’histoire du mon­tage, mais jamais encore sous l’angle de la tech­nolo­gie. La résur­gence actuelle de la prob­lé­ma­tique tech­nologique incite cepen­dant à revis­iter cette his­toire, en s’arrêtant sur les mul­ti­ples tech­nolo­gies afférentes ou périphériques au mon­tage. Dans quelle mesure les nou­veaux dis­posi­tifs affectent-ils réelle­ment la pra­tique du mon­tage ou répon­dent-ils à des deman­des for­mulées par des prati­ciens? Un ques­tion­nement sim­i­laire est pro­posé pour ce qui con­cerne l’arrivée du mon­tage non linéaire. D’une part, afin de valid­er dif­férentes asser­tions répan­dues qui n’ont jamais été exam­inées à la loupe his­torique, comme celles qui avan­cent l’effritement de la causal­ité nar­ra­tive ou la résur­gence de procédés « attrac­tion­nels » typ­iques du ciné­ma pre­mier (boucle, appari­tion-sub­sti­tu­tion, plan long) dans les films mon­tés de façon non linéaire. D’autre part, la con­fronta­tion du passé et du présent per­me­t­tra d’étoffer et de don­ner de la teneur au mod­èle con­ceptuel vers lequel ten­dent d’ailleurs tous les travaux de la Chaire. Toute l’originalité de ce mod­èle, en effet, réside dans les con­nex­ions qu’il per­me­t­tra d’établir entre l’histoire passée et l’histoire actuelle du montage.

Publications

Pub­li­ca­tion de la 3e édi­tion de l’ouvrage Le réc­it cinématographique

André Gau­dreault et François Jost, Armand Col­in, 2017

 

À l’occasion de cette réédi­tion, les références ciné­matographiques ont été actu­al­isées, l’étude du réc­it a été éten­due aux séries télévisées et des analy­ses de séquences de films et de séries ont été ajoutées pour illus­tr­er l’usage que l’on peut faire des concepts.

The End of Cin­e­ma? A Medi­um in Cri­sis in the Dig­i­tal Age

André Gau­dreault and Philippe Marion
(trans­lat­ed by Tim­o­thy Barnard), Colum­bia Uni­ver­si­ty Press, 2015

 

Is a film watched on a video screen still cin­e­ma? Have dig­i­tal com­posit­ing, motion cap­ture, and oth­er advanced tech­nolo­gies remade or oblit­er­at­ed the craft? Root­ed in their hypoth­e­sis of the “dou­ble birth of media,” André Gau­dreault and Philippe Mar­i­on take a pos­i­tive look at cinema’s ongo­ing dig­i­tal rev­o­lu­tion and reaf­firm its cen­tral place in a rapid­ly expand­ing media landscape.

La fin du ciné­ma? Un média en crise à l’ère du numérique

André Gau­dreault et Philippe Mar­i­on, Armand Col­in, 2013

 

Le numérique tuera-t-il le cinéma?

Sub­mergé par la défer­lante du numérique, qui brouille rad­i­cale­ment les fron­tières entre les médias (ciné­ma, télévi­sion, BD, Inter­net, télé­phonie, etc.), le ciné­ma serait en train de mourir : la chaleur du pho­tochim­ique a cédé le ter­rain à la froideur du pix­el et le hors-film a com­mencé à envahir, avec ses trans­mis­sions par satel­lite, les salles dévolues au sep­tième art. Pour­tant le ciné­ma est partout : il s’inscrit sur de nou­veaux sup­ports et s’affiche sur de nou­veaux écrans. On peut néan­moins se deman­der si un film en DVD vu sur écran vidéo, c’est encore du ciné­ma, et si les images encodées du com­posit­ing numérique et de la motion cap­ture relèvent tou­jours du cinématographique.

En s’appuyant sur leur hypothèse de la « dou­ble nais­sance des médias », les auteurs de La fin du ciné­ma? Un média en crise à l’ère du numérique inter­ro­gent les soubre­sauts iden­ti­taires que le ciné­ma tra­verse aujourd’hui et pro­posent des clefs pour com­pren­dre l’impact du numérique sur l’univers médi­a­tique actuel. Seri­ons-nous en train d’assister à une troisième nais­sance du cinéma?

Film and Attrac­tion : From Kine­matog­ra­phy to Cinema

André Gau­dreault (Trans­lat­ed by Tim­o­thy Barnard), Uni­ver­si­ty of Illi­nois Press, 2011

 

Estab­lish­ing a new vision for film his­to­ry, Film and Attrac­tion: From Kine­matog­ra­phy to Cin­e­ma urges read­ers to con­sid­er the impor­tance of com­plex social and cul­tur­al forces in ear­ly film. André Gau­dreault argues that Edi­son and the Lumières did not invent cin­e­ma; they invent­ed a device. Explain­ing how this device, the kine­mato­graph, gave rise to cin­e­ma is the chal­lenge he sets for him­self in this vol­ume. He high­lights the for­got­ten role of the film lec­tur­er and exam­ines film’s rela­tion­ship with oth­er visu­al spec­ta­cles in fin-de-siè­cle cul­ture, from mag­ic sketch­es to fairy plays and pho­tog­ra­phy to vaudeville.

Ciné­ma et attrac­tion. Pour une nou­velle his­toire du cinématographe

André Gau­dreault, CNRS Édi­tions, 2008

 

Revenir au seuil du ciné­ma, tel est le défi de cet ouvrage. Au-delà des his­toires tra­di­tion­nelles, André Gau­dreault nous mon­tre que les frères Lumière ont inven­té, en 1895, un appareil de prise de vues per­me­t­tant la pro­jec­tion de vues ani­mées, le Ciné­matographe, mais nulle­ment le ciné­ma. Le ciné­ma ne s’«invente» pas, nul brevet à dépos­er, mais s’institue, pro­gres­sive­ment et collectivement.
C’est une nou­velle approche que nous pro­pose André Gau­dreault dans cet ouvrage doc­u­men­té. Il ressus­cite un univers occulté avec le bon­i­menteur ou com­men­ta­teur de la pro­jec­tion, le com­plice du «vil exhib­i­teur» ou gérant de la salle. Il nous décou­vre ses sources d’inspiration : du théâtre au cirque et à la pho­togra­phie. L’oeuvre de Méliès est ici étudiée dans toute sa richesse et dans toutes les étapes de sa créa­tion, en par­ti­c­uli­er dans son atelier.
Un nou­veau regard sur le ciné­ma, une étude indis­pens­able suiv­ie de l’édition cri­tique du fameux texte inti­t­ulé «Les vues ciné­matographiques» de Georges Méliès (1907).

From Pla­to to Lumière : Nar­ra­tion and Mon­stra­tion in Lit­er­a­ture and Cinema

André Gau­dreault (Trans­lat­ed by Tim­o­thy Barnard), Uni­ver­si­ty of Toron­to Press, 2009

 

Build­ing a the­o­ry of nar­ra­tive on sources as diverse as Pla­to, The Ara­bi­an Nights,and Proust, From Pla­to to Lumière chal­lenges nar­ra­to­log­i­cal ortho­doxy by posit­ing that all forms of nar­ra­tive are medi­at­ed by an “under­ly­ing nar­ra­tor” who exists between the author and nar­ra­tive text. In this work, Gau­dreault exam­ines the prac­tices of nov­el­ists, play­wrights, and film­mak­ers and applies his the­o­ry to the ear­ly cin­e­ma of the Lumière broth­ers and more recent films. He also enhances our under­stand­ing of how nar­ra­tive devel­ops visu­al­ly with­out lan­guage – mon­stra­tion – by detail­ing how the evo­lu­tion of the medi­um influ­enced nar­ra­tives in cinema.

Du lit­téraire au filmique. Sys­tème du récit

André Gau­dreault, Armand Col­in, 1999

 

Il est mille et une façons de racon­ter. Tel réc­it est livré par le truche­ment de cette instance textuelle qu’est le nar­ra­teur, tel autre sem­ble au con­traire dis­til­lé par celui-là même qui l’a com­posé, l’auteur. Allant à l’encontre de l’orthodoxie nar­ra­tologique en la matière, le sytème du réc­it sur lequel se fonde cet ouvrage revient à pos­er, quel que soit le cas, une instance inter­mé­di­aire, le nar­ra­tor, située entre l’auteur et son texte nar­ratif, et qui serait respon­s­able, fon­da­men­tale­ment, de la com­mu­ni­ca­tion nar­ra­tive. Les pra­tiques nar­ra­tives du romanci­er, du dra­mat­urage et du cinéaste sont inter­rogées dans la per­spec­tive d’une ” nar­ra­tolo­gie de l’expression “, afin de pro­jeter un éclairage neuf sur les plus impor­tants principes du réc­it. Une relec­ture du Pla­ton de la République et un réex­a­m­en de cer­tains ” cas ” devenus clas­siques de la nar­ra­tolo­gie (des Mille et Une Nuits à La Recherche de Proust) per­me­t­tent de définir les deux modes fon­da­men­taux de la com­mu­ni­ca­tion nar­ra­tive : la nar­ra­tion et la mon­stra­tion. A l’aide de ces con­cepts, on jet­tera ici les bases d’une théorie nar­ra­tologique du ciné­ma que l’on appli­quera d’abord au ciné­ma des pre­miers temps.

ARTICLES ÉVALUÉS PAR DES PAIRS ET CONTRIBUTIONS À DES OUVRAGES COLLECTIFS (de 2015 à 2020) :

 

« Les vues ciné­matographiques selon Segun­do de Chomón ou Propo­si­tions pour une approche dif­férente, dif­féren­ciée et dif­féren­tielle du “mage espag­nol”», dans Réjane Hamus-Val­lée, Jacques Malthête et Stéphanie Salmon (dir.), Les mille et un vis­ages de Segun­do de Chomón : truqueur, col­oriste, ciné­matographiste… et pio­nnier du ciné­matographe, Vil­leneuve d’Ascq/Paris, Press­es uni­ver­si­taires du Septentrion/Fondation Jérôme Sey­doux-Pathé, 2019 (arti­cle issu d’une com­mu­ni­ca­tion présen­tée au col­loque con­sacré à Segun­do de Chomón qui s’est tenu à Paris en 2017).

 

« Résilience du mot “ciné­ma” et per­sis­tance du média», Anais do V Simpósio Inter­na­cional de Inovação em Mídias Inter­a­ti­vas, 2019, (ver­sion très large­ment aug­men­tée d’une com­mu­ni­ca­tion inti­t­ulée « La résilience du “ciné­ma” » trans­mise par vidéo­con­férence le 11 mai 2018 au 5e Sym­po­sium inter­na­tion­al sur l’innovation dans les médias inter­ac­t­ifs (SIIMI), organ­isé par le Media Lab de l’Universidade Fed­er­al de Goiás, à Goiâ­nia, au Brésil). En anglais « The Resilience of the Word “Cin­e­ma” and the Per­sis­tence of the Media », dans Richard Grusin et Joce­lyn Szczepa­ni­ak-Gillece (dir.), Ends of Cin­e­ma, Min­neapo­lis, Uni­ver­si­ty of Min­neso­ta Press, à paraître en 2020. PDF

 

« The Sub­lime Spit­tle of the Opera Singer» (avec Philippe Mar­i­on), dans Rossel­la Catanese, Francesca Scot­to Lav­ina et Valenti­na Valente (dir.), From Sen­sa­tion to Synaes­the­sia in Film and New Media, New­cas­tle upon Tyne, Cam­bridge Schol­ars Pub­lish­ing, 2019, p. 58–71 (arti­cle issu d’une com­mu­ni­ca­tion inti­t­ulée « La sub­lime bave du chanteur d’opéra… », présen­tée en 2014 dans le cadre de l’International Film Stud­ies Spring School, à Gorizia, en Italie).

 

« The Dou­ble Birth Mod­el Test­ed against Pho­tog­ra­phy» (avec Philippe Mar­i­on), dans Simone Natale et Nico­let­ta Leonar­di (dir.), Pho­tog­ra­phy and Oth­er Media in the Nine­teenth Cen­tu­ry, Uni­ver­si­ty Park, Penn State Uni­ver­si­ty Press, 2018, p. 191–204. « Le mod­èle de la dou­ble nais­sance à l’épreuve de la pho­togra­phie », arti­cle inédit en français, qui reprend dans une nou­velle per­spec­tive cer­tains élé­ments du chapitre 5 de La fin du ciné­ma? (2013).

 

«  W. Grif­fith et l’émergence du mon­tage alterné » (avec Philippe Gau­thi­er), Cana­di­an Jour­nal of Film Studies/Revue cana­di­enne d’études ciné­matographiques,vol. 26, no 2, automne 2017, p. 1–30. En anglais « D. W. Grif­fith and the Emer­gence of Cross­cut­ting », dans Char­lie Keil (dir.), A Com­pan­ion to D. W. Grif­fith, Hobo­ken, John Wiley & Sons, 2018, p. 107–136.

 

« La sto­chas­tique des cristaux d’halogénure d’argent : l’histoire mou­ve­men­tée des procédés ciné­matographiques de resti­tu­tion du mou­ve­ment » (avec Solène Secq de Cam­pos Vel­ho),  Revue d’histoire du ciné­ma, n82, 2017, p. 35–52 (arti­cle issu d’une com­mu­ni­ca­tion inti­t­ulée « Les images mou­vantes ou l’“animage”, du tableau mou­ve­men­té aux images en mou­ve­ment » présen­tée à Lau­sanne, en 2014, au col­loque inter­na­tion­al Le mou­ve­ment du ciné­ma. Théories et pra­tiques : his­toire et his­to­ri­ogra­phie).  

 

« La punaise, le châs­sis et le piv­ot! L’“arrangement matériel” du film selon Pathé», dans Jacques Malthête et Stéphanie Salmon (dir.), Recherch­es et inno­va­tions dans l’industrie du ciné­ma. Les cahiers des ingénieurs Pathé (1906–1927), Paris, Édi­tions de la Fon­da­tion Jérôme Sey­doux-Pathé, 2017, p. 75–94 (arti­cle issu d’une con­férence inti­t­ulée « Pra­tiques du mon­tage chez Pathé entre 1906 et 1930 : organ­i­sa­tion du tra­vail et “com­po­si­tion” des films », don­née dans le cadre des journées d’étude Les cahiers de recherche Pathé (1904–1930), à Paris en 2015). En anglais « The Tack, the Frame and the Spin­dle! The “Mate­r­i­al Arrange­ment” of the Film at Pathé », dans Diego Cav­al­lot­ti, Simone Dot­to et Leonar­do Quares­i­ma (dir.), A His­to­ry of Cin­e­ma with­out Names/2. Con­texts and Prac­ti­cal Appli­ca­tions, Milan, Mime­sis Inter­na­tion­al, 2017, p. 101–113.

 

« T’interpeller d’entrée de jeu par ton patronyme», dans Rug­gero Eugeni et Maria­grazia Fanchi (dir.), La galas­sia Caset­ti. Let­tere di ami­cizia, sti­ma, provo­cazione, Milan, Vita e Piensero, 2017, p. 123–126.

 

« Le ciné­matographe Lumière : inven­tion du ciné­ma ou nais­sance d’un mythe? », dans Jean-Noël Jeanneney et Jeanne Guérout (dir.), L’histoire de France vue d’ailleurs, Paris, Édi­tions des Arènes, 2016, p. 384–395.

 

« Les sources inédites de la notion de “plan” en ciné­matogra­phie : un coup du (de?) théâtre!», dans Vin­cent Amiel, Gilles Mouël­lic et José Moure (dir.), Le découpage au ciné­ma, Rennes, Press­es uni­ver­si­taires de Rennes, 2016, p. 41–62 (arti­cle issu d’une com­mu­ni­ca­tion présen­tée en 2013 au col­loque de Cerisy Le découpage au ciné­ma, enjeux théoriques et poé­tiques).

 

« Défense et illus­tra­tion de la notion de série cul­turelle» (avec Philippe Mar­i­on), dans Diego Cav­al­lot­ti, Fed­eri­co Gior­dano et Leonar­do Quares­i­ma (dir.), A His­to­ry of Cin­e­ma with­out Names: A Research Project, Milan, Mime­sis Inter­na­tion­al, 2016, p. 59–71 (arti­cle issu d’une com­mu­ni­ca­tion présen­tée au 22e col­loque inter­na­tion­al Film Forum, à Udine, en 2015). En anglais « Defence and Illus­tra­tion of the Con­cept “Cul­tur­al Series” », dans Char­lie Keil et Robert King (dir.), The Oxford Hand­book of Silent Cin­e­ma, Oxford, Oxford Uni­ver­si­ty Press, à paraître en 2020.

 

« Le spec­ta­teur de ciné­ma. Une espèce en pleine muta­tion face à un média en perte de repères», dans Jean Château­vert et Gilles Delavaud (dir.), D’un écran à l’autre, les muta­tions du spec­ta­teur, Paris/Bry-sur-Marne, L’Harmattan/INA Édi­tions, 2016, p. 321–330. En anglais « The Cin­e­ma Spec­ta­tor: A Rapid­ly-Mutat­ing Species View­ing a Medi­um That Is Los­ing Its Bear­ings », dans Alber­to Bel­trame, Giuseppe Fidot­ta et Andrea Mar­i­ani (dir.), At the Bor­ders of (Film) His­to­ry, Udine, Forum, 2015, p. 191–197.

 

« De la fil­molo­gie à la sémi­olo­gie : fig­ures de l’alternance au ciné­ma» (avec Philippe Gau­thi­er), Ciné­mas, vol. 25, nos 2–3, print­emps 2015, p. 159–173, et « Chris­t­ian Metz, le mon­tage et les formes de l’alternance » (avec Philippe Gau­thi­er), Ciné­mas, vol. 26, no 1, automne 2015, p. 95–108 (arti­cle en deux par­ties issu d’une com­mu­ni­ca­tion présen­tée en 2013 à Zurich au col­loque Le par­a­digme sémi­ologique et la pen­sée « ciné­matographique » de Chris­t­ian Metz). En anglais « Chris­t­ian Metz, Edit­ing, and Forms of Alter­na­tion », dans Margrit Tröhler et Gui­do Kirsten (dir.), Chris­t­ian Metz and the Codes of Cin­e­ma: Film Semi­ol­o­gy and Beyond, Ams­ter­dam, Ams­ter­dam Uni­ver­si­ty Press, 2018, p. 201–226.

 

Liste com­plète des pub­li­ca­tions d’André Gau­dreault ici.

Grandes conférences de la Chaire

La Chaire de recherche du Cana­da en études ciné­matographiques et médi­a­tiques (2015–2022) organ­ise régulière­ment dans le cadre de ses grandes con­férences des ren­con­tres avec cer­tains des meilleurs spé­cial­istes du domaine.

Vous pou­vez con­sul­ter les cap­ta­tions filmées des grandes con­férences suivantes :

 

La Neu­rog­no­sis. Unir les arts et les sci­ences par la con­nais­sance du cerveauVladimir Hachin­s­ki (West­ern Uni­ver­si­ty), 2 mai 2019, Uni­ver­sité de Montréal.

 

Les séries, pro­lon­ga­tion du film? Jean-Pierre Esque­nazi, (Uni­ver­sité Lyon 3), 26 mars 2018, Uni­ver­sité de Montréal.

 

Inter­ac­tion, Algo­rith­mic Assem­bly, Embod­ied Mon­tage: Orga­niz­ing Sequence and Time in New Media Set­tingsWilliam Urri­chio (Mass­a­chu­setts Insti­tute of Tech­nol­o­gy), 4 mai 2017, Ciné­math­èque québécoise.

 

Win­sor McCay Per­forms Ger­tie (1914) : Live­ness and Ani­ma­tionDon­ald Crafton (Uni­ver­si­ty of Notre Dame), 28 sep­tem­bre 2016, Uni­ver­sité de Montréal.

 

Instances ciné­pho­biques dans la cul­ture ciné­matographique des pre­miers temps, Francesco Caset­ti (Yale Uni­ver­si­ty), 28 sep­tem­bre 2016, Uni­ver­sité de Montréal.

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